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mercredi 23 août 2017
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Commémoration du 8 mai 45

8mai2014-02

A midi, jeudi 8 mai, la foule s’est rassemblée devant le monument aux Morts afin de rendre hommage aux victimes de la seconde guerre mondiale.

Guillaume LE LAY-FELZINE, maire et Frédéric MAC KAIN, sous-préfet de Torcy ont ravivé la flamme puis des gerbes de fleurs ont tour à tour été déposées par les anciens combattants, le maire, Gérard EUDE, vice-président du Conseil général, représentant Monsieur le Président du Conseil général, Brigitte EUDE, conseillère régionale, représentant Monsieur le Président du Conseil régional, Eduardo RIHAN CYPEL, député et le sous-préfet de Torcy.

De jeunes élus du Conseil Communal d’Enfants avaient également fait le déplacement. Ils ont lu quelques textes. Une lecture impressionnante pour ces enfants, très sensibles à cette cérémonie du souvenir.

8mai2014-10Diabou CISSE et Maïmouna TRAORE ont partagé la lecture d’une lettre de Pierre Grelot, fusillé le 8 février 1943 :

« Maman chérie, papa et Jacques chéris,

Tout est fini maintenant. Je vais être fusillé ce matin à 11 heures. Pauvres parents chéris, sachez que ma dernière pensée sera pour vous ! Je saurai mourir en Français. Pendant ces longs mois, j’ai beaucoup pensé à vous et j’aurais voulu plus tard pouvoir vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi méritait en retour. J’ai rêvé tant de choses pour vous rendre heureux après la tourmente. Mais, hélas ! Mes rêves resteront ce qu’ils sont. Je vous embrasse beaucoup, beaucoup.
La joie de vous revoir m’est à jamais interdite. Vous aurez de mes nouvelles plus tard. Je vous embrasse encore et toujours, mes parents chéris. Gardez toujours dans votre cœur mon souvenir…
Adieu maman, papa, Jacques chéris, adieu ! »

8mai2014-11Manon ETIENNE a lu la lettre d’adieu adressée à ses parents et son frère par Lucien Legros, également fusillé le 8 février 1943 :

« Mes parents chéris, mon frère chéri,

Je vais être fusillé à 11 heures, avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres, car c’est pour le plus bel idéal. J’ai le sentiment, à cette heure, d’avoir vécu une vie complète. Vous m’avez fait une jeunesse dorée ; je meurs pour la France, donc je ne regrette rien. Je vous conjure de vivre pour les enfants de Jean. Reconstruisez une belle famille…
Jeudi, j’ai reçu votre splendide colis, j’ai mangé comme un roi. Pendant ces quatre mois, j’ai longuement médité : mon examen de conscience est positif, je suis en tout point satisfait.
Bonjour à tous les amis et à tous les parents.
Je vous serre une dernière fois sur mon cœur. »

Trois jeunes élus ont ensuite lu plusieurs extraits tirés de Paroles, d’étoiles, mémoires d’enfants cachés.

8mai2014-12Jonathan  SUMBU a débuté :

« Extraits de lettres, de journaux intimes et de récits autobiographiques authentiques, tendres et poignants ; ils illustrent notre mémoire collective et rendent à l’histoire sa dimension humaine. Ils ont été recueillis par Jean-Pierre Guéno.
72 000 enfants d’origine juive vivaient en France en 1939. Ils ont été jetés dans la guerre, marqués de l’étoile jaune, et souvent séparés de leurs parents… 12 000 ont été éliminés. 60 000 ont survécu : beaucoup parce qu’ils ont été cachés.
A l’âge où ils n’auraient dû traverser que des petits chagrins d’enfance, il leur a fallu apprendre à ne pas exister. Ils ont enduré les heures les plus terribles de notre histoire. Leurs souvenirs sont souvent amers et douloureux ; ils peuvent être aussi réconfortants car certains ont trouvé un véritable amour auprès de ces  » justes  » qui les ont dissimulés en bravant tous les dangers. »

8mai2014-13Grégory QUIEVREUX a enchainé avec un texte de Maurice Roth :

« Les nuits sont dures. Ce qui me manque, c’est que quelqu’un me dise « bonne nuit ».
C’est trop demander qu’on me dise seulement bonne nuit » ? Ce désir d’entendre quelqu’un me dire « bonne nuit » grandit et me submerge chaque soir. Je trouve une ruse. J’appelle chacun des doigts de ma main d’un autre nom : le pouce, c’est papa, le deuxième doigt, c’est maman et tous les autres doigts sont baptisés des noms de mes frères et sœurs. J’embrasse chaque doigt avant de m’endormir et lui dis en murmurant : « bonne nuit ! » Chaque soir, je discute avec le pouce, lui pose une foule de questions, lui fais un tas de demandes. Je parle avec le pouce comme si je parlais à papa, et je m’efforce toujours de l’imaginer. Mais je parviens rarement à retrouver son visage ».

8mai2014-14Ismaël BOUCHAMA a poursuivi la lecture avec un texte de Annette Muller, La Petite Fille du Ver d’hiv :

« Près de la sortie du camp de Drancy, on nous a fait entrer dans une petite pièce. Un homme derrière une table a dit : « vous allez partir du camp, les gendarmes vont vous emmener. » On nous a fait monter dans un car de police, quatre gendarmes nous accompagnaient. Quand la voiture a démarré, Manuel et moi, on a crié de joie. On n’arrêtait plus de parler, fébriles, chacun interrompant l’autre: « On va rentrer chez nous, à la maison. » On imaginait tout haut notre retour : si on demanderait la clef à la concierge. On se cacherait sous la table et on surprendrait tout à coup papa et maman, André et Jacques. Ça en ferait une bonne surprise. On était sûrs de retrouver tout le monde à la maison. À un moment donné, j’ai tourné la tête vers les gendarmes assis derrière nous. Ils nous écoutaient parler et silencieusement ils pleuraient. J’ai compris qu’on ne retournait pas chez nous, alors, moi aussi, j’ai pleuré. »

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Juliette BUTHOD, Antoine PHILIP et Camille DUCATEL ont fait la lecture d’un poème de Robert Desnos écrit en 1943 (paru dans L’Honneur des poètes). Poète français et résistant, il fut arrêté le 22 février 1944, et mourut  au camp de concentration de Térezin en Tchécoslovaquie, la veille de la Libération.

« Ce cœur qui haïssait la guerre…

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises,
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit. »

8mai2014-18

 

Aurélie BLEWOUSSI a ensuite préenté Marianne Cohn, née à Mannheim en 1922. Elle a pris part à la Résistance. Elle est partie vers Grenoble et a sauvé des enfants par des placements dans des familles ou par le passage vers la Suisse. La Gestapo l’a arrêtée, en mai 1944, près de la frontière suisse alors qu’elle tentait de faire de faire passer 28 enfants. Marianne Cohn a été longuement torturée. A ce moment là, elle a écrit « Je trahirai Demain ». Elle est morte assassinée par les nazis, le 8 août 1944.

 

 

8mai2014-19Julie CLEMENT a conclu les interventions des élus du CCE  par la lecture Je trahirai demain :

« Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles
Je ne trahirai pas !
Vous n’avez pas le bout de mon courage.
Moi, je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures avec des clous.
Je trahirai demain. Pas aujourd’hui,
Demain.
Il faut la nuit pour me résoudre.
Il ne me faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain. Pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd’hui, je n’ai rien à dire.
Je trahirai demain. »

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Ce fut ensuite au tour du maire de Torcy, Guillaume LE LAY-FELZINE de prononcer son allocution :

« Nous commémorons ce matin le 69ème anniversaire de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, date officielle dans notre pays pour la commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale.
Geste du souvenir, excluant tout sentiment de revanche, notre rassemblement intervient 69 ans après la fin en Europe de la guerre la plus meurtrière que l’humanité ait connue, une guerre qui a causé près de 50 millions de morts dont la moitié de civils.
Le 8 mai 1945, au lendemain de la capitulation des forces allemandes à Reims, la paix fut ratifiée près de Berlin avec la signature de l’acte de capitulation par le Feld-maréchal Keitel.
Cinq années après la défaite de 1940 et l’humiliation causée par la collaboration du régime de Vichy avec l’occupant, la présence le 8 mai 1945 de la France à la reddition de l’Allemagne nazie illustrait le rétablissement de l’Etat de droit en même temps que la reconnaissance de la participation décisive des Forces Françaises Libres et de la résistance à la reconquête de la liberté de notre pays.

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Par notre présence, nous rendons hommage au courage de nos concitoyens, au sacrifice de toutes celles et de tous ceux qui ont donné leur vie afin que notre pays retrouve son rang en même temps que son honneur et sa liberté.
Rendre hommage aux combattants de la guerre 39-45, c’est bien sûr d’abord fêter la victoire des forces alliées, la victoire des valeurs humanistes et démocratiques sur une idéologie barbare raciste et criminelle.
C’est également se souvenir, en permanence, du prix payé pour la reconquête de la liberté. S’il est vrai que les hommes meurent deux fois, la première fois le jour de leur décès physique, la seconde fois lorsque plus personne ne parle d’eux, honorons en ce jour de commémoration le souvenir de tous ceux qui ont payé de leur sang le prix de notre liberté.
C’est enfin exprimer notre attachement à la paix, à la coopération mutuelle qui, depuis 1945, s’est institué entre les anciens Belligérants désormais aujourd’hui des partenaires et des alliés. Les pays du vieux continent ont su dépasser ce qui les opposait précédemment pour construire ensemble une Europe de la paix, une union Européenne qui fonde la garantie d’un avenir meilleur et fraternel pour les générations futures.

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Reste en permanence la nécessité de la vigilance qui doit nous habiter afin d’éviter la répétition de pareilles tragédies, afin de ne jamais oublier le passé pour construire l’avenir. C’est le sens de notre présence ce matin devant le monument aux morts et je vous remercie d’avoir répondu si nombreux à l’invitation de la municipalité.

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Après la prise de parole du sous-préfet, les musiciens de l’Union musicale de Champs-sur-Marne ont interprété la Marseillaise.

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Les élus du CCE devant, de gauche à droite, Eduardo Rihan Cypel, Brigitte Eude, Guillaume Le Lay-Felzine, Frédéric Mac Kain et Gérard Eude.